Production vidéo · IA générative · CNCH

Produire un dessin animé avec l’IA oui, c’est possible. Non, ce n’est pas magique.

Deux teasers déjà publiés, de vraies personnes transformées en personnages animés.

L’IA génère de la matière, mais un film reste un vrai travail de production.

Depuis plusieurs années, Agence Ouverture accompagne le CNCH sur la partie technique de son congrès annuel. Cette année, une idée lancée en réunion a ouvert une nouvelle piste : produire une petite série de films animés avec des outils d’intelligence artificielle générative, sans oublier le scénario, le storyboard, les voix, le montage et le regard de production.

Publié le 28 mai 2026

Résumé

Depuis plusieurs années, Agence Ouverture accompagne le CNCH sur la partie technique de son congrès annuel, notamment pour la captation, la diffusion et la production de contenus. Cette année, une idée lancée en réunion a ouvert une nouvelle piste : et si les teasers du congrès prenaient la forme d’une petite série de dessins animés ?

Trois films ont donc été imaginés autour du rendez-vous, dont deux sont déjà publiés. Produits en grande partie avec des outils d’intelligence artificielle générative, ils transforment de vraies personnes impliquées dans le congrès en personnages animés.

Mais l’expérience montre surtout que l’IA ne fait pas tout. Scénario, storyboard, découpage, cohérence des personnages, voix, montage, sound design : le travail reste bien réel. L’IA ouvre des possibilités nouvelles, parfois exceptionnelles, mais elle demande du temps, des essais, des corrections et un vrai regard de production.

Depuis plusieurs années, nous accompagnons le CNCH, le Collège National des Cardiologues Hospitaliers, sur la partie technique de son congrès annuel.

Un rendez-vous important pour les cardiologues hospitaliers, organisé chaque année au Novotel Paris Tour Eiffel. Trois jours de rencontres, de conférences, d’ateliers, d’échanges entre pairs, de découvertes auprès des industriels et de mise à jour sur les grandes avancées du secteur.

Notre collaboration avec le CNCH a vraiment pris une dimension particulière en 2020, au moment du Covid. Cette année-là, le congrès avait dû basculer en full distanciel. Nous avions alors accompagné l’association pour produire l’événement entièrement à distance. Depuis, le présentiel est revenu, d’abord avec des formats hybrides, puis avec une organisation plus classique.

Mais “classique” ne veut pas dire simple.

Sur place, il faut parfois transformer des pièces complètement nues en véritables plateaux télé, filmer plusieurs conférences ou ateliers en parallèle, gérer les captations, les moyens techniques, les enregistrements, les contenus à réutiliser après l’événement. Jusqu’à six congrès peuvent se dérouler en trois jours dans le même lieu. Il faut donc être organisé, réactif, discret quand il le faut, et bien câblé. Dans tous les sens du terme.

Agence Ouverture n’est pas une agence événementielle. En revanche, dès qu’un événement a besoin de moyens techniques, de vidéo, de captation, de diffusion ou de production de contenus, nous savons entrer en jeu.

Chaque année, nous produisons aussi des teasers pour préparer le congrès du CNCH.

Jusqu’ici, les formats étaient assez variés : interviews face caméra, images d’illustration tournées lors de l’édition précédente, formats plus graphiques ou infographiques. Des formats efficaces, utiles, mais que nous avions déjà explorés sous plusieurs angles.

Et puis, lors d’une réunion préparatoire, une idée a fusé.

Et si, cette année, le teaser était un dessin animé ?

L’idée n’est pas née d’une grande réflexion stratégique autour du dessin animé. Elle est venue plus simplement. Un de nos interlocuteurs avait vu une petite séquence générée avec une intelligence artificielle à partir d’une photo personnelle. Il avait trouvé ça amusant. Et la question est arrivée naturellement : pourquoi ne pas essayer quelque chose dans cet esprit pour le CNCH ?

Après plusieurs années de collaboration, il y avait aussi cette envie de se réinventer. De ne pas refaire exactement le même teaser. De tenter une forme nouvelle. De surprendre un peu.

C’est comme ça qu’est née l’idée d’une petite série de trois films animés.

Le premier avait notamment pour objectif de mobiliser les paramédicaux, ces professionnels qui accompagnent au quotidien les cardiologues dans l’univers hospitalier. Le deuxième, publié ce matin par le CNCH, s’adresse plus largement à la communauté du congrès, avec un regard plus ludique sur les coulisses de l’organisation et un rappel simple : pensez à bloquer la date dans vos agendas. Le troisième viendra compléter la série, avec une plongée plus directe dans l’ambiance de l’événement à venir.

Trois films, donc. Trois petits teasers. Et surtout une vraie expérimentation grandeur réelle autour de l’IA générative.

Pour créer cette série, nous sommes partis de personnes réellement impliquées dans l’organisation du congrès : cardiologues, paramédicaux, membres de l’équipe.

Le principe était simple à expliquer, mais beaucoup moins simple à produire.

Les personnes concernées nous ont fourni des photos. Elles ont également enregistré un extrait de leur voix, afin que nous puissions disposer d’un échantillon vocal. Elles savaient que ces éléments serviraient à créer des personnages animés avec des outils d’intelligence artificielle générative.

À partir de là, nous avons travaillé comme sur une vraie production audiovisuelle.

Il y a eu un scénario. Un storyboard. Un découpage technique. Des choix de plans. Des intentions de jeu. Des dialogues. Des ambiances. Des décors. Des essais graphiques. Des validations.

L’IA est intervenue dans plusieurs étapes : transformer les photos en personnages dans un style dessin animé, générer des séquences animées, créer ou adapter les voix, synchroniser les lèvres des personnages avec les dialogues, produire différentes variations de plans.

Mais le film ne s’est pas fabriqué tout seul.

Et c’est probablement le point le plus important de cette expérience.

On entend souvent qu’avec l’IA, il suffit de taper une phrase pour obtenir un résultat final.

Dans certains cas très simples, c’est presque vrai. Pour produire une image amusante, une courte séquence de quelques secondes ou un test à partager entre collègues, les outils actuels peuvent être impressionnants.

Mais produire une vraie série de films, avec des personnages cohérents, des intentions précises, des dialogues, une continuité visuelle et un objectif de diffusion, c’est une autre histoire.

Très vite, les limites apparaissent.

Un personnage peut changer de visage d’un plan à l’autre. Un geste peut devenir bizarre. Une main peut disparaître. Un bras peut décider de vivre sa vie. Une voix peut être techniquement correcte, mais ne pas retrouver l’accent ou la manière de parler que l’on connaît chez la personne. Une séquence peut être presque parfaite… sauf sur un détail qui la rend inutilisable.

Il faut alors recommencer. Tester un autre réglage. Décrire plus précisément l’action attendue. Changer d’outil selon le besoin. Relancer une génération. Attendre. Comparer. Trier. Rejeter quatre versions pour en garder une. Et parfois recommencer encore.

La magie de l’IA existe surtout dans les démonstrations rapides. Dans une vraie production, il y a surtout beaucoup de travail.

“L’IA peut générer de la matière. Beaucoup de matière. Parfois trop. Mais pour en faire un contenu qui tient debout, il faut encore des humains derrière.”

Les deux teasers déjà publiés

Une série animée conçue pour annoncer le congrès.

Chez Agence Ouverture, nous suivons les outils d’intelligence artificielle depuis plusieurs années. Pas uniquement pour en parler. Pour les manipuler. Pour voir ce qu’ils permettent vraiment. Pour comprendre leurs limites. Pour savoir dans quels cas ils ont de la valeur, et dans quels cas ils n’en ont pas.

Ce projet avec le CNCH nous a permis de passer un cap.

Il y a une grande différence entre générer une petite séquence de cinq ou quinze secondes pour s’amuser et construire plusieurs films cohérents autour d’un vrai projet client. Là, il fallait tenir une direction, raconter quelque chose, respecter une intention, produire un résultat diffusable et compréhensible par un public non spécialiste.

Ce type de production aurait été difficilement envisageable, dans ce cadre, avec des techniques traditionnelles. Produire un dessin animé sur mesure, avec plusieurs personnages inspirés de vraies personnes, des voix, des décors et une série de teasers, aurait demandé des moyens très importants.

L’IA rend aujourd’hui ce terrain d’exploration plus accessible.

Mais accessible ne veut pas dire facile.

Le temps passé a été important. Plus important que prévu. Les coûts liés aux différents outils utilisés ne sont pas négligeables non plus. Et les technologies évoluent à une vitesse assez folle : entre les premiers tests réalisés cet hiver et la sortie des films, certains outils avaient déjà changé, de nouvelles fonctionnalités étaient apparues, d’autres pistes devenaient plus intéressantes.

C’est aussi pour cela que ce genre de projet est précieux. Il oblige à apprendre en situation réelle.

Tester de nouvelles techniques fait partie de l’ADN d’Agence Ouverture.

Depuis le début, nous aimons explorer, détourner les usages, comprendre les outils avant qu’ils deviennent complètement communs. Pas pour faire “nouveau” à tout prix. Mais parce que notre métier consiste aussi à savoir ce qui peut être utile pour nos clients, ce qui peut enrichir une idée, ce qui peut ouvrir une piste de création ou de production.

L’IA générative pose évidemment des questions. Sur les métiers. Sur les usages. Sur les ressources nécessaires. Sur les impacts humains et créatifs. Ces sujets existent, et il serait absurde de les balayer d’un revers de main.

Mais ces outils existent aussi. Ils sont déjà là. Ils avancent vite.

Notre rôle est donc de les comprendre concrètement. De les tester. De voir ce qu’ils apportent, ce qu’ils compliquent, ce qu’ils déplacent. Et ensuite, d’en parler avec un peu plus de recul que si nous avions simplement lu trois articles sur le sujet.

C’est d’autant plus important que nous sommes aussi organisme de formation avec Formation by Ouverture. Pour conseiller, accompagner ou former sur ces sujets, il faut avoir mis les mains dedans. Vraiment.

Ce projet n’aurait pas existé sans la confiance du CNCH.

Avant de lancer la production du premier film, nous avons réalisé un test pour permettre au bureau de valider le concept. L’accueil a été enthousiaste. Les personnes transformées en personnages animés ont ensuite découvert leur version dessin animé avec beaucoup d’amusement.

Et c’est aussi ce qui rend ce projet agréable : il ne s’agit pas seulement d’une démonstration technique. C’est un contenu produit avec un client que nous connaissons bien, pour un événement que nous accompagnons depuis plusieurs années, avec des personnes qui ont accepté de jouer le jeu.

L’IA est l’outil visible. Mais derrière, il y a surtout une relation de confiance, une envie commune d’essayer autre chose, et une bonne dose de curiosité.

Cette série de teasers pour le CNCH confirme une chose : l’intelligence artificielle générative ouvre des possibilités réellement nouvelles pour la production audiovisuelle.

Elle permet d’imaginer des formats qui auraient été trop lourds, trop coûteux ou trop complexes à produire autrement. Elle donne accès à des styles visuels différents. Elle permet d’expérimenter vite. Elle autorise des idées un peu improbables, comme transformer des cardiologues et des paramédicaux en personnages de dessin animé pour annoncer un congrès.

Mais elle ne remplace ni l’intention, ni l’écriture, ni le regard, ni le montage, ni l’exigence.

Un film reste un film.

Il faut savoir ce que l’on veut raconter. À qui l’on s’adresse. Pourquoi on le fait. Comment on construit une séquence. Comment on garde le rythme. Comment on rend le résultat lisible, agréable et cohérent.

L’IA peut générer de la matière. Beaucoup de matière. Parfois trop.

Mais pour en faire un contenu qui tient debout, il faut encore des humains derrière.

Et dans ce cas précis, quelques humains derrière des machines qui calculent, des personnages qui clignent des yeux, des voix qui se synchronisent, et parfois des bras qui repoussent bizarrement.

Bref, un vrai projet audiovisuel. Avec un nouvel outil dans la boîte.