À Morlaàs, la Communauté de Communes du Nord Est Béarn a réuni une dizaine de professionnels pour un atelier consacré à l’intelligence artificielle au travail. Avec Formation by Ouverture, nous avons conçu une session courte, concrète et évolutive, dans laquelle chaque notion devait pouvoir être reliée à un besoin métier.

L’intelligence artificielle suscite beaucoup de curiosité. Elle produit aussi beaucoup de bruit.
Entre les annonces quotidiennes, les nouveaux outils et les démonstrations impressionnantes, il n’est pas toujours simple de répondre à la seule question qui compte vraiment pour un professionnel : qu’est-ce que je peux en faire, concrètement, dans mon activité ?
C’est autour de cette question que nous avons construit l’atelier « IA au travail », organisé dans le cadre des Ateliers de l’Éco de la CCNEB.
En bref
- Un atelier de trois heures, de 9 h à 12 h, à Morlaàs.
- Une dizaine de participants, issus de métiers et de secteurs très différents.
- Une approche centrée sur les usages, avec des démonstrations et des exercices immédiatement transposables.
- Un environnement numérique dédié, réunissant présentation, activités en direct, ressources et exercices en autonomie.
- Un contenu ajusté au groupe, à ses questions, à son niveau et aux situations professionnelles exprimées pendant la matinée.

Illustration créée pour représenter le format de la session : un groupe à taille humaine, des échanges directs et une progression qui conduit de l’idée à l’action.
Partir des réalités professionnelles, pas de l’outil
Une formation à l’IA peut facilement devenir une succession de fonctionnalités.
On montre comment rédiger un prompt, importer un document, générer une image ou lancer une recherche. Les participants découvrent beaucoup de possibilités, mais ne savent pas toujours quoi en faire une fois revenus dans leur entreprise.
Nous avons choisi le chemin inverse.
Le groupe rassemblait des profils issus de la communication, de l’architecture, de l’agencement, de l’accompagnement scolaire, de l’assistance administrative et de plusieurs projets entrepreneuriaux. Chacun arrivait avec ses habitudes, son vocabulaire, ses contraintes et un niveau de familiarité différent avec l’IA.
Cette diversité n’était pas un obstacle à contourner. Elle constituait la matière même de la formation.
Un besoin de recherche ne se présente pas de la même manière pour une architecte, une communicante ou une assistante administrative. Un même outil peut pourtant les aider, à condition de relier la méthode à leur contexte : les documents dont ils disposent, les destinataires auxquels ils s’adressent, le résultat attendu et les précautions propres à leur métier.
L’individualisation commence par l’écoute
Individualiser une formation ne consiste pas à préparer dix cours différents.
Il s’agit d’abord de comprendre qui se trouve dans la salle, puis d’ajuster en permanence les exemples, le rythme et le niveau d’explication.
La matinée a donc commencé par les participants : leurs activités, leurs attentes, leur perception de l’intelligence artificielle et les usages qu’ils avaient déjà testés. Ces informations ont permis de reformuler certaines notions à partir de situations réelles et de choisir des exemples qui parlaient immédiatement au groupe.
Pendant l’atelier, les questions pouvaient être déposées dans un espace participant dédié. Elles devenaient des points d’appui pour la démonstration, et non des interruptions à traiter rapidement avant de revenir au programme.
Cette logique change la posture du formateur. Le support donne une direction, mais il ne dicte pas toute la séance. Une partie de la valeur se construit dans les échanges : lorsqu’un participant apporte un document, décrit une difficulté ou formule un objectif, le groupe voit comment transformer une demande encore floue en consigne exploitable.
Une méthode en quatre temps : comprendre, cadrer, expérimenter, transposer
La progression suivait quatre mouvements simples.
Comprendre
Avant de parler de performance, il fallait remettre quelques repères en place : ce que fait une IA générative, ce qu’elle ne comprend pas réellement, la manière dont elle produit une réponse et les raisons pour lesquelles elle peut se tromper.
Cette étape évite deux écueils opposés : attendre de l’IA une réponse infaillible, ou la réduire à un gadget spectaculaire.
Cadrer
Un bon résultat dépend rarement d’une formule magique. Il dépend surtout du contexte donné à l’outil.
Qui parle ? À qui ? Pour obtenir quoi ? À partir de quelles sources ? Avec quelles contraintes ? Sous quelle forme le résultat doit-il être livré ?
Nous avons travaillé cette capacité à cadrer une demande, mais aussi à fournir les bons documents, à séparer les sujets et à conserver un fil de travail cohérent.
Expérimenter
Les participants ont ensuite utilisé Mistral Vibe pour manipuler du texte, des documents, des images et des situations professionnelles. L’objectif n’était pas de reproduire passivement une démonstration, mais de tester, comparer, reformuler et observer ce qui change lorsqu’on améliore le contexte.
Transposer
Enfin, chaque séquence devait pouvoir revenir vers le quotidien : préparer un contenu de communication, synthétiser une information, adapter un texte à un public, structurer un projet, analyser un document ou imaginer une automatisation récurrente.
La formation devient utile lorsqu’un participant peut se dire : « Je vois où cela peut m’aider lundi matin. »
Aller du prompt ponctuel vers un véritable environnement de travail
L’atelier ne s’est pas limité à la rédaction de prompts.
Nous avons abordé la logique des projets, le contexte permanent, les documents de référence, les modes de travail plus autonomes, les connecteurs, les compétences réutilisables et les tâches programmées.
Cette progression est importante. Au début, l’IA répond à une question. Ensuite, elle peut travailler dans un cadre mieux défini, avec des ressources choisies et des règles adaptées à l’activité.

Dans un même projet « Mon entreprise », une conversation est dédiée à chaque fonction — juridique, prospection, devis, communication ou ressources humaines. Les documents et les règles communes restent disponibles, tandis que chaque métier conserve un contexte de travail clair.

Les compétences réutilisables permettent de conserver une méthode et de l’appliquer de façon cohérente à des tâches similaires.
Le message essentiel reste pourtant le même : plus un système devient autonome, plus le cadre, la qualité des sources et la validation humaine deviennent importants.
Un espace numérique conçu spécialement pour la session
Pour accompagner la formation, nous avons développé un mini-site dédié à l’atelier.
Accessible par QR code sur téléphone ou ordinateur, il réunissait la présentation, l’espace participant, les exercices et les ressources nécessaires pour poursuivre après la séance. Les accès étaient activés au bon moment afin de ne pas détourner l’attention pendant les explications.
Cet environnement remplissait plusieurs fonctions :
- éviter la dispersion entre les liens et les documents ;
- permettre aux participants de retrouver facilement les contenus ;
- faciliter les interactions pendant la session ;
- proposer une continuité après l’atelier ;
- montrer, par l’exemple, qu’un outil numérique peut être simple, ciblé et adapté à un besoin précis.
Un annuaire professionnel temporaire a également été réalisé à partir des informations communiquées par le groupe. Sa création a illustré un principe essentiel : l’IA peut accélérer la structuration d’une information, mais l’identification, la vérification humaine, les corrections et la maîtrise de la durée d’accès restent indispensables.
Ce cas concret a permis de parler à la fois de productivité, de qualité et de responsabilité.
La CCNEB, facilitatrice d’usages concrets pour le territoire
En organisant cet atelier, la Communauté de Communes du Nord Est Béarn n’a pas seulement proposé une initiation à un nouvel outil.
Elle a créé un espace où des professionnels du territoire pouvaient prendre du recul, comparer leurs pratiques et découvrir ensemble des usages applicables à leurs activités.
Cette mise en relation compte autant que le contenu pédagogique. Les entreprises et les indépendants n’avancent pas tous au même rythme face aux transformations numériques. Leur donner un cadre accessible, un temps d’expérimentation et la possibilité de poser leurs propres questions permet de rendre l’innovation plus proche et plus utile.
L’IA n’est alors plus un sujet réservé aux grandes organisations ou aux métiers techniques. Elle devient une compétence que chacun peut examiner avec lucidité, en fonction de ses besoins.
Ce que cette formation dit de notre méthode
Cette session rassemble plusieurs principes qui structurent les formations de Formation by Ouverture :
- comprendre le public avant de dérouler le contenu ;
- partir de situations professionnelles réelles ;
- expliquer sans simplifier à l’excès ;
- faire pratiquer rapidement ;
- adapter les exemples en direct ;
- donner des ressources qui restent utilisables après la formation ;
- installer des réflexes de vérification et de confidentialité.
Notre rôle n’est pas de promettre que l’intelligence artificielle fera tout, ni d’imposer un outil unique.
Il consiste à aider les professionnels à comprendre ce qu’ils peuvent déléguer, ce qu’ils doivent continuer à décider et comment intégrer ces nouveaux usages sans perdre leur expertise.

Une formation réussie se mesure après la démonstration
Une démonstration peut impressionner pendant quelques minutes. Une formation doit produire autre chose : de l’autonomie.
À l’issue de l’atelier, les participants disposaient de repères pour mieux formuler leurs demandes, enrichir le contexte, contrôler les réponses et identifier les tâches sur lesquelles l’IA pouvait réellement leur faire gagner du temps.
Ils repartaient aussi avec un espace de ressources, des exercices et des exemples adaptés à la diversité de leurs activités.
C’est cette articulation entre une collectivité engagée auprès de son tissu économique, un groupe aux métiers variés et une pédagogie capable de s’ajuster qui a donné sa cohérence à la matinée.
L’intelligence artificielle évoluera encore. Les interfaces changeront, de nouvelles fonctions apparaîtront et certains outils disparaîtront peut-être. La compétence durable reste la même : savoir définir son besoin, fournir la bonne matière, garder un regard critique et transformer une possibilité technique en usage professionnel pertinent.


Vous souhaitez construire une formation à l’intelligence artificielle adaptée aux métiers de votre organisation ou de votre territoire ? Formation by Ouverture conçoit des ateliers sur mesure, ancrés dans les pratiques des participants et accompagnés de ressources dédiées.

